Je pourrais écrire un livre entier sur ce point tellement que la conception libyenne de la voirie et de la conduite automobile diffère de la nôtre. Tout d’abord les routes. Elles ressemblent très fortement aux nôtres, mais il est possible de distinguer quelques différences. La première particularité des autoroutes libyennes consiste en l’existence d’interstices au niveau du terre-plein central permettant aux usagers de faire demi-tour en passant sur l’autre route ! Sachant de plus que les limites de vitesse selon le type de route existent belle et bien mais ne sont respectées par absolument personne, des voitures roulant à 180 km/h arrivent continuellement de l’autre côté, imaginez-vous dans quel état de stupeur j’ai pu être la première fois que j’en ai vécu un ! Le deuxième gros gag des routes et autoroutes libyennes consiste en leur absolue continuité. Le passage piéton n’existe pas ! Si l’on prend un peu de recul, la Libye est un pays où les populations vivent essentiellement le long des côtes. Ainsi, la principale autoroute du pays longe les côtes d’est en ouest, reliant non seulement les villes importantes du pays, mais également l’Egypte à la Tunisie. Or bien évidemment, il était trop difficile de faire passer l’autoroute à l’extérieur de Tripoli, il faut qu’elle passe pile devant le Dhat Al Imar Complex, là où sont nos bureaux. L’inconvénient d’une telle situation ne réside pas tant dans le bruit, puisqu’avec un double vitrage et l’éloignement du 15ème étage il est quasi-intégralement atténué, mais dans le fait que pour sortir et se rendre au bureau à pied, pour aller manger un morceau hors du complexe ou directement enchaîner avec une activité en ville le soir par exemple, il faut la traverser… sans passage piéton… sans flic… C’est un sport, heureusement que je suis parisien ! D’ailleurs, qui dit ‘pas de passage piéton’ dit ‘pas de feux tricolores ‘ ! Et oui ! En fait j’exagère ils y en a. J’en ai vu. Plusieurs même. Mais les Libyens doivent tous être daltoniens, ou alors c’est la luminosité du soleil libyen qui est trop importante, car la couleur du feu leur est complètement égale, quoiqu’il arrive ils foncent !
J’ai été si habitué à être conduit dans cet environnement que j’ai été amené à me demander comment on faisait en France pour tourner ou faire demi-tour en s’affranchissant de ces coupures du terre-plein central pour changer de direction ou faire demi-tour. Il m’a fallu dix minutes pour me rendre compte qu’en France, on utilisait des carrefours gérés par des feux tricolores autorisant la circulation des véhicules sur telle ou telle voie. Une originalité touristique de ce pays que je recommande d’ailleurs chaudement est l’entrée d’autoroute située à l’Est de la ville, puisqu’il s’agit en fait d’une deux-fois-dix-voies démarrant et débouchant sur un rond-point ! Me vient également à l’esprit le grand rond-point Ouest de la ville, si on peut encore appeler ça un rond-point, surnommé « le rond-point de la mort » par les expat’, où stationne d’ailleurs en permanence une ambulance en cas d’accident !
L’aspect infrastructure étant terminé, je m’attaque maintenant à l’aspect attitude au volant. Et là j’ai un vrai roman à raconter. Pour résumer la situation, c’est simple, je dirais qu’il n’y a pas de code de la route. A côté de la conduite libyenne, les parisiens paraissent pour des modèles de conduite automobile ! Commence maintenant l’énumération merveilleuse des exactions routières des habitants : absence de priorité à droite, absence de priorité tout court en fait, c’est à chacun de s’engager le premier dans le créneau qu’il voit de disponible pour avancer ; le clignotant n’est jamais enclenché, sauf quand le virage ou le déboitement est terminé ; queues de poisson, dépassements à droite et coupures de trajectoires constituent le pain quotidien de la conduite libyenne, à tremper si possible dans la sauce d’une conduite sportive, agrémentée de zigzags, de frôlages de piétons et de dépassements à visibilité réduite, où la collision frontale est évitée au dixième de seconde près (j’ai vu ma vie défiler devant mes yeux quand je me suis fait raccompagné à la Guest House par un libyen « moyen » – note pour plus tard : ne plus monter dans la voiture d’un libyen « moyen ») ; marche arrière sur l’autoroute ; la bande d’arrêt d’urgence devient la voie de circulation des mini-bus et taxis collectifs ; quand il y a un embouteillage sur l’une des chaussées de l’autoroute, il devient avantageux pour fluidifier le trafic d’occuper les premières voies de circulation de la chaussée venant en sens inverse ; les motards – rares car la moto est un produit de luxe réservée à la jeunesse dorée de la Libye, l’acquisition d’une moto n’étant pas sponsorisée par l’Etat, contrairement aux voitures – roulent à toute blinque en slalomant entre les voitures sans porter ni veste, ni gants, ni casque ; enfin, le port de la ceinture de sécurité est plus que facultatif, si on trouve parfois les fixations de la ceinture de sécurité à l’avant, ils ont systématiquement été retirés à l’arrière, obligeant ainsi les passagers à remettre leur vie dans les mains du conducteur…
En plus de ces comportements témoignant de la plus grande inconscience, les habitants du pays font parfois preuve du plus grand ridicule. Ainsi laissent-ils le film plastique recouvrant les sièges de voiture des mois durant après l’acquisition d’une nouvelle voiture, afin de conserver son aspect neuf ; comme ils font parfois l’acquisition de voitures étrangères (j’ai pu voir une voiture immatriculée d’une plaque française du 63), en particulier de véhicules suisses, ils mettent la plaque minéralogique libyenne soit sur la plage arrière contre le pare-brise arrière, soit sur la plaque d’immatriculation originale en la cloutant par-dessus ; enfin les minibus roulent le long des trottoirs avec la porte ouverte, les passagers déjà à bord interpellant en criant tous les piétons qu’ils croisent pour les inviter à monter à bord et ainsi partager le montant de la course !
J’ai été si habitué à être conduit dans cet environnement que j’ai été amené à me demander comment on faisait en France pour tourner ou faire demi-tour en s’affranchissant de ces coupures du terre-plein central pour changer de direction ou faire demi-tour. Il m’a fallu dix minutes pour me rendre compte qu’en France, on utilisait des carrefours gérés par des feux tricolores autorisant la circulation des véhicules sur telle ou telle voie. Une originalité touristique de ce pays que je recommande d’ailleurs chaudement est l’entrée d’autoroute située à l’Est de la ville, puisqu’il s’agit en fait d’une deux-fois-dix-voies démarrant et débouchant sur un rond-point ! Me vient également à l’esprit le grand rond-point Ouest de la ville, si on peut encore appeler ça un rond-point, surnommé « le rond-point de la mort » par les expat’, où stationne d’ailleurs en permanence une ambulance en cas d’accident !
L’aspect infrastructure étant terminé, je m’attaque maintenant à l’aspect attitude au volant. Et là j’ai un vrai roman à raconter. Pour résumer la situation, c’est simple, je dirais qu’il n’y a pas de code de la route. A côté de la conduite libyenne, les parisiens paraissent pour des modèles de conduite automobile ! Commence maintenant l’énumération merveilleuse des exactions routières des habitants : absence de priorité à droite, absence de priorité tout court en fait, c’est à chacun de s’engager le premier dans le créneau qu’il voit de disponible pour avancer ; le clignotant n’est jamais enclenché, sauf quand le virage ou le déboitement est terminé ; queues de poisson, dépassements à droite et coupures de trajectoires constituent le pain quotidien de la conduite libyenne, à tremper si possible dans la sauce d’une conduite sportive, agrémentée de zigzags, de frôlages de piétons et de dépassements à visibilité réduite, où la collision frontale est évitée au dixième de seconde près (j’ai vu ma vie défiler devant mes yeux quand je me suis fait raccompagné à la Guest House par un libyen « moyen » – note pour plus tard : ne plus monter dans la voiture d’un libyen « moyen ») ; marche arrière sur l’autoroute ; la bande d’arrêt d’urgence devient la voie de circulation des mini-bus et taxis collectifs ; quand il y a un embouteillage sur l’une des chaussées de l’autoroute, il devient avantageux pour fluidifier le trafic d’occuper les premières voies de circulation de la chaussée venant en sens inverse ; les motards – rares car la moto est un produit de luxe réservée à la jeunesse dorée de la Libye, l’acquisition d’une moto n’étant pas sponsorisée par l’Etat, contrairement aux voitures – roulent à toute blinque en slalomant entre les voitures sans porter ni veste, ni gants, ni casque ; enfin, le port de la ceinture de sécurité est plus que facultatif, si on trouve parfois les fixations de la ceinture de sécurité à l’avant, ils ont systématiquement été retirés à l’arrière, obligeant ainsi les passagers à remettre leur vie dans les mains du conducteur…
En plus de ces comportements témoignant de la plus grande inconscience, les habitants du pays font parfois preuve du plus grand ridicule. Ainsi laissent-ils le film plastique recouvrant les sièges de voiture des mois durant après l’acquisition d’une nouvelle voiture, afin de conserver son aspect neuf ; comme ils font parfois l’acquisition de voitures étrangères (j’ai pu voir une voiture immatriculée d’une plaque française du 63), en particulier de véhicules suisses, ils mettent la plaque minéralogique libyenne soit sur la plage arrière contre le pare-brise arrière, soit sur la plaque d’immatriculation originale en la cloutant par-dessus ; enfin les minibus roulent le long des trottoirs avec la porte ouverte, les passagers déjà à bord interpellant en criant tous les piétons qu’ils croisent pour les inviter à monter à bord et ainsi partager le montant de la course !
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