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Tripoli, capitale de la Libye, se situe en Tripolitaine (qui l’eût cru). Avec seulement 1,3 millions d’habitants, dont 300 000 Libyens seulement, Tripoli est extrêmement grande, très étendue le long de la côte. Pour aller d’un bout à l’autre de la ville, il faut bien 40 minutes en taxi sur autoroute ! Tripoli offre plusieurs facettes. Les touristes italiens et étrangers plus généralement ne verront que le quartier de la vieille ville, la « Medina », ainsi que la Place Verte à son orée principale. Les deux autres endroits agréables sont les rues se situant à l’ouest de la Place Verte, qui correspond au quartier des ambassades et résidences d’ambassadeur, et la rue de Gargarech pour ses nombreuses boutiques, davantage occidentales que les boutiques de la Medina. Cependant, le visiteur n’aura pas vu le véritable Tripoli s’il n’aura pas cherché, comme moi, à rentrer dans les profondeurs de la ville et regarder comment est la vie au quotidien dans cette ville. Le quartier d’affaire est constitué en tout et pour tout des cinq tours du complexe Dhat Al-Imar, situé en bord de mer, juste à l’Ouest de la Médina, entre les deux centres commerciaux constitués respectivement par l’Hôtel Corynthia, le cinq étoiles de Tripoli, si ce n’est du monde, et la tour El Fateh , qui en fait également une tour d’affaires. La Tour Totale où je travaille est la troisième tour du Dhat Al-Imar Complex. Il faut souligner qu’il n’existe aucun vestige du passé punique puis romain d’Oéa, l’ancienne dénomination de l’actuelle Tripoli, si ce n’est l’arc de triomphe de Marc-Aurèle situé au nord de la Médina. Oea se situait dans les limites marquées par l’enceinte actuelle de la Médina. Ses ruines existent encore, elles sont invisibles car elles dorment, enterrées sous les maisons de la Médina. Pour les perspicaces, Tripoli vient bien du latin tri-polis, cependant cette étymologie ne provient pas de la réunion de trois villes antiques dont l’expansion aurait été telle qu’elle les aurait forcées à fusionner, mais désigne simplement les trois plus riches et puissantes villes dressées sur cette partie de la côte africaine qu’étaient Leptis Magnis, Oea et Sabratha.
Tout d’abord, ce qui frappe à l’œil est le non-entretien des immeubles d’habitation, aux mosquées et bâtiments officiels près. Les murs sont relativement sales, certains morceaux de façade ou de volets manquent, etc. De plus, il n’existe pas de législation concernant la marge de manœuvre laissée à l’individu pour modifier sa propriété, que ce soit une maison isolée ou un appartement dans une copropriété. Ainsi, les ventilateurs d’évacuation de la chaleur engendrée par les climatiseurs sont disposés aléatoirement à l’extérieur et la disposition des trous de passage des conduites des climatiseurs ainsi que des conduites elles-mêmes est complètement anarchique. De plus, l’invasion des climatiseurs dans les habitations ne s’étant produit que tout récemment – grâce notamment aux subventions financières de l’Etat qui allègent également le pain (0,25 DL le kilo de pain, soit 8 centimes d’euros), l’essence (0,10 DL le litre d’essence, soit 3 centimes d’euros) et l’acquisition des voitures via des aides et des prêts à faibles taux – la plupart des immeubles ne possédaient pas les structures nécessaires à la mise en place de ces appareils encombrants à l’extérieur. Un autre élément très drôle à remarquer, c’est qu’afin de gagner une pièce supplémentaire dans les appartements d’immeubles, les habitants complètent le balcon extérieur de leurs terrasses par des parpaings de manière à fabriquer un nouveau mur. L’aspect extérieur des immeubles est ainsi difforme ! Si les immeubles ne sont pas entretenus, la voirie ne l’est pas non plus. Il existe de nombreux nids de poule, trous, effondrements sur les trottoirs (quand ils existent), certaines rues de la ville ne sont toujours pas goudronnées, elles demeurent des chemins de sable parsemés de quelques cailloux ! L’électrisation des immeubles n’a pas fait non plus d’un plan très précis et du coup les câbles électriques suspendent de manière chaotique d’un poteau électrique à un immeuble ou d’un immeuble à l’autre. Enfin, ce qui est fort regrettable pour le pays dans son ensemble, c’est l’absence de prise en charge des déchets. Le ramassage des déchets étant considéré comme une profession dégradante, les services de propreté publique ne font qu’un travail épisodique, rare, et donc le plus souvent confiés à des mains étrangères. Culturellement, chacun doit s’occuper du devenir de ses déchets. Ceci pourrait très bien se passer dans un pays où les principes et les enjeux écologiques sont très profondément ancrés dans les esprits, mais culturellement ce n’est pas le cas ici. Par conséquent, et c’est fort regrettable, tout est sale : les rues et les bords de route sont parsemées de déchets (en ville, en campagne, ou dans le désert), les plages font parfois office de déchetterie sauvage, ce qui est le cas des côtes de la ville-même de Tripoli, on retrouve même des déchets aussi grossiers que des canettes, des gobelets, des bouteilles d’eau, des assiettes en plastiques ou des pneus sous la mer ou dans les sites archéologiques (en quantité bien moindres cependant).
Tripoli possède par bien d’autres aspects encore que sa taille, sa poussière et la dérèglementation de son urbanisme les traits de la ville africaine, tels qu’ils pouvaient être dans la tête d’un petit occidental qui n’a finalement pas beaucoup vu le monde. Dès le premier jour, j’ai été surpris que l’urbanisation est continue, non pas que les campagnes n’existent tant la ville s’est répandue sur les terres, mais surtout les habitations et les commerces sont disposés en continu au bord des routes. Verra-t-ton en permanence des immeubles et des maisons sur la route reliant l’aéroport Charles-de-Gaulle Etoile à Paris ? Non. C’est pourtant le cas pour la route reliant l’aéroport de Tripoli à Tripoli, de même que pour toutes les autres routes. De plus, les immeubles sont particulièrement rares à Tripoli, ceux de plus de dix étages se comptent sur les doigts d’une main, font plus penser à des résidences HLM et se concentrent autour du quartier d’affaires. Sinon, il existe quelques immeubles de plus de trois étages aux abords du centre-ville, qui je le rappelle se développe en hémicycles concentriques de densité d’habitations depuis la Médina. Tout le reste, i.e. ce sont des maisons de un ou deux étages. N’oublions pas que la hauteur d’une maison évolue en fonction de l’agrandissement de la famille. Un aspect fort sympathique de Tripoli qui frappe l’œil également, bien que plus tardivement qu’au premier regard porté sur le paysage urbain tripolitain, c’est l’absence quasi-systématique de promotion publicitaire publique. En fait, les panneaux publicitaires existent, mais ils sont rares, et consacrés uniquement à la célébration du 37ème anniversaire du Général Kadhafi aux commandes du pays !
Tout d’abord, ce qui frappe à l’œil est le non-entretien des immeubles d’habitation, aux mosquées et bâtiments officiels près. Les murs sont relativement sales, certains morceaux de façade ou de volets manquent, etc. De plus, il n’existe pas de législation concernant la marge de manœuvre laissée à l’individu pour modifier sa propriété, que ce soit une maison isolée ou un appartement dans une copropriété. Ainsi, les ventilateurs d’évacuation de la chaleur engendrée par les climatiseurs sont disposés aléatoirement à l’extérieur et la disposition des trous de passage des conduites des climatiseurs ainsi que des conduites elles-mêmes est complètement anarchique. De plus, l’invasion des climatiseurs dans les habitations ne s’étant produit que tout récemment – grâce notamment aux subventions financières de l’Etat qui allègent également le pain (0,25 DL le kilo de pain, soit 8 centimes d’euros), l’essence (0,10 DL le litre d’essence, soit 3 centimes d’euros) et l’acquisition des voitures via des aides et des prêts à faibles taux – la plupart des immeubles ne possédaient pas les structures nécessaires à la mise en place de ces appareils encombrants à l’extérieur. Un autre élément très drôle à remarquer, c’est qu’afin de gagner une pièce supplémentaire dans les appartements d’immeubles, les habitants complètent le balcon extérieur de leurs terrasses par des parpaings de manière à fabriquer un nouveau mur. L’aspect extérieur des immeubles est ainsi difforme ! Si les immeubles ne sont pas entretenus, la voirie ne l’est pas non plus. Il existe de nombreux nids de poule, trous, effondrements sur les trottoirs (quand ils existent), certaines rues de la ville ne sont toujours pas goudronnées, elles demeurent des chemins de sable parsemés de quelques cailloux ! L’électrisation des immeubles n’a pas fait non plus d’un plan très précis et du coup les câbles électriques suspendent de manière chaotique d’un poteau électrique à un immeuble ou d’un immeuble à l’autre. Enfin, ce qui est fort regrettable pour le pays dans son ensemble, c’est l’absence de prise en charge des déchets. Le ramassage des déchets étant considéré comme une profession dégradante, les services de propreté publique ne font qu’un travail épisodique, rare, et donc le plus souvent confiés à des mains étrangères. Culturellement, chacun doit s’occuper du devenir de ses déchets. Ceci pourrait très bien se passer dans un pays où les principes et les enjeux écologiques sont très profondément ancrés dans les esprits, mais culturellement ce n’est pas le cas ici. Par conséquent, et c’est fort regrettable, tout est sale : les rues et les bords de route sont parsemées de déchets (en ville, en campagne, ou dans le désert), les plages font parfois office de déchetterie sauvage, ce qui est le cas des côtes de la ville-même de Tripoli, on retrouve même des déchets aussi grossiers que des canettes, des gobelets, des bouteilles d’eau, des assiettes en plastiques ou des pneus sous la mer ou dans les sites archéologiques (en quantité bien moindres cependant).
Tripoli possède par bien d’autres aspects encore que sa taille, sa poussière et la dérèglementation de son urbanisme les traits de la ville africaine, tels qu’ils pouvaient être dans la tête d’un petit occidental qui n’a finalement pas beaucoup vu le monde. Dès le premier jour, j’ai été surpris que l’urbanisation est continue, non pas que les campagnes n’existent tant la ville s’est répandue sur les terres, mais surtout les habitations et les commerces sont disposés en continu au bord des routes. Verra-t-ton en permanence des immeubles et des maisons sur la route reliant l’aéroport Charles-de-Gaulle Etoile à Paris ? Non. C’est pourtant le cas pour la route reliant l’aéroport de Tripoli à Tripoli, de même que pour toutes les autres routes. De plus, les immeubles sont particulièrement rares à Tripoli, ceux de plus de dix étages se comptent sur les doigts d’une main, font plus penser à des résidences HLM et se concentrent autour du quartier d’affaires. Sinon, il existe quelques immeubles de plus de trois étages aux abords du centre-ville, qui je le rappelle se développe en hémicycles concentriques de densité d’habitations depuis la Médina. Tout le reste, i.e. ce sont des maisons de un ou deux étages. N’oublions pas que la hauteur d’une maison évolue en fonction de l’agrandissement de la famille. Un aspect fort sympathique de Tripoli qui frappe l’œil également, bien que plus tardivement qu’au premier regard porté sur le paysage urbain tripolitain, c’est l’absence quasi-systématique de promotion publicitaire publique. En fait, les panneaux publicitaires existent, mais ils sont rares, et consacrés uniquement à la célébration du 37ème anniversaire du Général Kadhafi aux commandes du pays !
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